Père manquant fils manqué : Guy Corneau

Père manquant fils manqué

Que sont les hommes devenus ?

Psychanalyste jungien, Guy Corneau a écrit Victime des autres, bourreau de soi-même ainsi que La guérison du cœur et L’amour en guerre. Retrouvez une synthèse de son livre Père manquant fils manqué.

Père manquant fils manqué, son premier ouvrage, est devenu un best-seller et a été traduit dans plusieurs langues.

Le psychanalyste Guy Corneau s’est éteint le 5 janvier 2017 à l’âge de 65 ans.

Au travers de cet article je souhaite rendre hommage à un grand homme et à tous les hommes qui se cherchent et “manquant d’un père” se sentent “en manque”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture : Père manquant, fils manqué – Guy Corneau

Cet ouvrage ne traite pas seulement de l’absence physique du père ; il s’interroge sur le silence qui isole aujourd’hui le père de son fils et qui donne au fils l’impression d’avoir été mal paterné. Et si ce père manquant avait engendré un fils manqué ?

Cette question cruciale a amené Guy Corneau à se demander pourquoi l’homme d’aujourd’hui est si mal dans sa peau, pourquoi il a peur de l’intimité, pourquoi il redoute à ce point l’agressivité qu’il refoule au plus profond de lui-même, pourquoi il se sent obligé de jouer le héros, l’éternel adolescent, le séducteur ou le bon garçon…

Pourquoi est-il si difficile de devenir un homme à part entière dans une société qui ne pratique plus aucun des rites initiatiques de l’adolescence ?

Ce livre est important parce qu’il rompt enfin le silence.

Et pour le fils manqué, du fils en manque, sortir du mutisme est la seule manière d’en arriver à guérir le père blessé en lui.

Conclusion : extrait

Il y a trois naissances dans la vie d’un homme. Il naît de sa mère, il naît de son père et, finalement, il naît de son soi profond. Il s’agit de la naissance de l’individualité… Le deuil des attentes irréalistes que nous adressions à nos pères et la solitude que ce deuil nous oblige à assumer nous libèrent. Cette souffrance même sert de mutilation initiatique et elle nous renvoie à la réalité du monde objectif : l’univers devient notre nouvelle niche…

Il est de plus en plus urgent de briser notre silence mortel vis-à-vis de la désintégration de la famille, vis-à-vis de l’oppression du tiers-monde par l’Occident, vis-à-vis de la course aux armements et vis-à-vis de la pollution qui est en train de nous détruire. Nous devons crier notre peur et obliger nos gouvernements à entendre notre voix…

Je suis convaincu que la guérison des hommes, oserais-je dire leur guérison, passe nécessairement par la redécouverte d’une spontanéité psychique et physique. Le recouvrement de la vitalité vient de la pratique d’une religion naturelle, faite simplement de la culture d’un sentiment d’unité et d’appartenance à la terre…

Le changement passe par la récupération de nos émotions et de nos sensations corporelles, organiques, ces dimensions de nous-mêmes dans lesquelles nous avons, à tort, enfermé la femme. Finalement, la transformation réside dans la re-connaissance de la sagesse de l’instinct. Il s’agit de ré-apprendre à faire confiance à l’animal en nous. Il s’agit d’abandonner notre orgueilleuse illusion de contrôle qui oppresse tous les êtres de cet univers.

Je terminerai en paraphrasant un poème amérindien : la pierre n’a besoin ni du soleil ni de l’eau pour vivre; les plantes ont besoin de l’eau, de la terre, du soleil et des pierres pour exister; les animaux ont besoin des plantes, des pierres, de l’eau, du soleil et de la terre pour subsister; les hommes ont besoin des animaux, des plantes, des pierres, de la terre, de l’eau et du soleil pour survivre; l’homme est donc le plus dépendant de tous les êtres.

Voir également nos articles : guérir ses blessures et guérir sa blessure d’abandon